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Curieusement, la médecine moderne s’intéresse peu à la qualité du transit et, l’aspect des selles est devenu sans importance. Quelques laxatifs ont été mis au point, parfois dangereux au regard de certains paragraphes de la notice, mais finalement peu de solutions ont été développées. Pourtant, la constipation n’est que le résultat d’une mauvaise digestion.

Cependant le problème de la constipation est sérieux car :

  • Nous avons tous, un jour ou l’autre, y été confrontés ;
  • Elle est le signe d’un dysfonctionnement qui peut découler sur bien des pathologies.

Comme souvent dans les problèmes de digestion, les causes sont multiples et peu significatives. De plus les traitements habituels, les laxatifs naturels ou allopathiques, ne traitent que la conséquence. Or pour en sortir, il est nécessaire de remonter le long du système digestif pour trouver le ou les coupables, car

Mais tout d’abord, à partir de quand parle-t-on réellement de constipation ?

La constipation est définie comme un ralentissement du transit intestinal qui entraine un retard et une difficulté à évacuer les selles. Ces deux notions sont variables en fonction de chacun.

En temps normal, nous pouvons aller à la selle de 1 à 3 fois par jour et sans inconfort. Certains n’iront que 3 fois par semaine, voire moins. Si elles sont dures, difficiles à évacuer et que les épisodes durent depuis 6 mois, on parlera alors de constipation chronique.

En début de traitement, il est donc important d’évaluer la fréquence et la difficulté. Pour s’aider, vous pouvez utiliser l’échelle de Bristol, ci dessous, sachant que le type 4 reste la configuration idéale.

Echelle de Bristol pour établir le niveau de constipation

Les mécanismes en situation normale

Comme toute chose dans notre organisme, le côlon a un fonctionnement complexe. Les nutriments non consommés pendant le trajet dans l’intestin grêle arrivent au niveau du gros intestin. A ce moment là, nous allons surtout y récupérer l’eau encore présente. Alors, les selles vont commencer à se former.

La composition

Elles se composeront au final :

  • De 75 à 80 % d’eau, ce qui leur donne cette consistance ni dure, ni molle,
  • De mucus, produit par la paroi du côlon,
  • Avec des cellules intestinales desquamées,
  • Des graisses et des protéines ayant échappé à la digestion.
  • Les bactéries représentent environ 5 % de la qualité ingérée,
  • Et de différents gaz inodores : azote, gaz carbonique, oxygène, hydrogène, méthane.

Les gaz odorants sont issus uniquement à partir des dérivés soufrés. Ils sont la preuve d’un déséquilibre du microbiote, de la dysbiose.

Par ailleurs notre microbiote en profite pour continuer de dégrader des nutriments et de les transformer, par exemple, en vitamine très utile à notre bon fonctionnement.

La phase de transit

L’avancée des selles se fait par des contractions régulières et lentes de notre côlon. On parle de péristaltisme intestinal.

Puis il y a une accumulation dans la partie terminale, le rectum qui va se dilater au fur et à mesure. Par effet mécanique non volontaire, le sphincter anal interne va se relâcher entrainant notre envie d’aller aux toilettes. A ce moment nous allons, de manière volontaire cette fois-ci, agir sur le sphincter anal externe, l’anus, pour le relâcher et déféquer.

Les deux actions nerveuses sur nos sphincters, qui sont un ensemble de muscles en forme d’anneaux, doivent être simultanées pour obtenir un résultat efficace.

En comprenant le fonctionnement normal nous pouvons trouver différentes causes de la constipation :

  • Composition en eau trop faible
  • Mucus de mauvaise qualité
  • Taux de graisses ou de protéines trop important
  • Mauvais fonctionnement nerveux…

Les causes de la constipation

La constipation est donc en réalité le résultat d’un dysfonctionnement qui n’est pas unique, c’est pour cela que, traiter uniquement avec des laxatifs, ne donnera qu’un résultat ponctuel et non définitif.

Les différentes causes sont très variables et non spécifiques :

  • La diminution de la motricité de l’intestin. On parle alors d’intestin paresseux et de Complexe Moteur Migrant (CMM). Des mécanismes neurologiques (système nerveux central) et hormonaux (hypothalamus et hypophyse) dirige le CMM ;
  • L’insuffisance de sécrétion de bile dans l’intestin, on parle aussi de vésicule biliaire paresseuse, autre cas possible, lors d’une ablation de la vésicule ;
  • Les raisons psychologiques comme le stress, le fait de ne pas être à la maison… ;
  • L’alimentation lors des voyages;
  • Les médicaments : les chimiothérapies, la morphine, les antihistaminiques, les antispasmodiques, les analgésiques, les neuroleptiques, les anxiolytiques et les bronchodilatateurs ;
  • Autres causes plus rares : fissure anale, tumeur de l’intestin, diabète, hypothyroïdie, paraplégie et démence

Et quand cela ne fonctionne plus, les selles vont devenir douloureuses, elles peuvent être accompagnées d’hémorroïdes ou de fissures anales. Plus en amont, le ventre est ballonné et douloureux. Et il est aussi possible d’avoir tendance à grossir.

Les examens complémentaires

Le plus souvent, la constipation est traitée sans examen complémentaire. Cependant en cas de présence des symptômes d’obstruction intestinale, il faut subir une radiographie abdominale avec éventuellement un lavement avec une solution de contraste pour la confirmer.

Les examens

Traditionnellement, une coloscopie, et des examens biologiques (NFS, TSH, glycémie à jeun, ionogramme et calcémie) sont à envisagés.

En plus, la technologie nous a apporté récemment la possibilité de connaitre plus finement notre microbiote avec le séquençage de l’ensemble des gènes de nos intestins. Le but est de fournir une cartographie précise.

Dans des cas particuliers, diverses autres mesures doivent être effectués comme une manométrie rectale, le calcul du temps de transit avec des marqueurs radio-opaque en scintigraphie, ou encore l’ingestion d’une capsule avec caméra.

Cependant, il est intéressant de déterminer deux grands axes : la constipation a-t-elle lieu sur un intestin hypo ou hyper tonique.

  • Les hypotoniques correspondent à un côlon paresseux avec peu de contractions musculaires. Le péristaltisme qui permet la progression des selles est faible
  • Les hypertoniques ont des contractions musculaires excessives avec présence de spasmes. Cette constipation est particulièrement à relier avec le stress.

Dans tous les cas l’objectif est de rééduquer l’intestin pour retrouver une digestion saine.

Cas particulier de la flore méthanogène

Certaines bactéries produisent du méthane qui est le gaz responsable des flatulences. Le méthane favoriserait la constipation en modifiant la motilité intestinale.

Par conséquent, un microbiote qui produit trop de méthane est forcément un microbiote déséquilibré. Ceci un point particulier à ne pas oublier et à bien prendre en ligne de compte lors de la mise en place des traitements.

Ce gaz peut se détecter avec des appareillages spécifiques

Les solutions classiques de la constipation

Elles ont la particularité de ne traiter que du problème de constipation. Elles sont plus ou moins efficaces pendant un certain temps :

Les mucilages.

Ils gonflent au contact de l’eau dans l’intestin et augmentent le volume fécal. Ils peuvent causer une occlusion intestinale ou une occlusion de l’œsophage s’ils sont avalés avec trop peu d’eau.

Les émollients

Ils agissent en facilitant la rétention de l’eau dans les selles pour les garder molles afin qu’elles passent plus facilement.

Les osmotiques

Ils ramollissent les selles par un appel d’eau dans l’intestin. Ces substances ont un mode d’action purement physique : elles ne sont pas absorbées par l’organisme et sont excrétées sous forme inchangées. C’est le contraire des émollients, qui empêchent l’eau de sortir. Les émollients et les osmotiques sont des sucres non digérables par l’intestin qui peuvent générer des ballonnements.

Les stimulants

Ils activent le CMM. Cependant, ils peuvent créer une inflammation de la paroi du côlon qui perd de sa plasticité de contractions.

Les huiles de paraffine

Elles ne sont pas absorbées par l’intestin. Par contre elles graissent les selles. Elles empêcheront la fixation des vitamines A, D, E et K.

Il est à noter que médicaments ou plantes l’effet est le même. Par ailleurs, si vous lisez les contre-indications avec attention, vous trouverez qu’il ne faut pas les utiliser en cas d’intestin irritable ou simplement sensible…

Mon conseil : ne les utiliser qu’en cas de dernier recours et exceptionnellement. Puis, quand la situation se stabilise, privilégier les laxatifs plus doux comme le lin ou la mauve.

Par d’ailleurs la plupart doivent être utilisés ponctuellement, que quelques jours.

Quelles stratégies pouvons-nous mettre en place ?

Elles seront multiples et à plusieurs niveaux

En premier gérer la crise

Il faut effectivement retrouver un confort de vie le plus rapidement possible. Nous sommes dans la situation exceptionnelle et, l’utilisation des laxatifs permettra de soulager. En fonction de la situation, depuis combien de temps, quelles sont les produits déjà utilisés, le choix se porte sur des solutions plus ou moins drastique tout en privilégiant les plus douces.

Supprimer les responsables directs

Dans la mesure du possible :

  • Certains aliments ont tendance à nous constiper, c’est en fonction de chacun
  • La prise des médicaments ou au moins leur diminution en trouvant des solutions naturelles de remplacement sans contre-indications.

L’hydratation

Tout le monde le sait aujourd’hui, il faut boire assez de 1,5 à 3 litres en fonction de sa taille et de son activité. Une solution facile à mettre en place : poser en évidence la bouteille d’eau et surveiller le niveau tout le long de la journée.

Les solutions mécaniques

Elles sont de trois sortes :

Les lavements, autrement appelés l’hydrothérapie du côlon

Je ne conseille pas cette pratique car elle reste pour moi contre nature. Il y a un sens de circulation que j’ai tendance à préserver. De plus, le résultat est un décapage de la paroi quand ils sont pratiqués en profondeur. Mais l’objectif est justement de restaurer un équilibre. C’est surement la raison pour laquelle ceux qui utilisent cette pratique sont obligées de recommencer de plus en plus souvent sans augmentation de résultat.

L’exercice physique adapté

Il faut bouger tous les jours, avec un minimum de 20 minutes de marche, selon chacun et en fonction de ses possibilités. Notre mode de vie, malheureusement ne nous aide pas : voiture, ascenseur et désormais trottinette électrique. L’action de bouger va naturellement aider à redonner du mouvement à nos intestins.

Les massages ventraux

En automassage, commencez au niveau de l’appendice, puis tournez autour du nombril en passant par le haut. Il faut prendre le temps, appuyer doucement, puis plus fort, trouver les endroits douloureux… Pour augmenter leur efficacité, je conseille d’ajouter un mélange d’huiles essentielles spécifiques à la constipation et des exercices respiratoires.

L’exercice physique adapté et les automassages ventraux sont deux techniques qui fonctionnent bien.

La respiration

Nous avons deux principales possibilités :

  • Lors des automassages ou séparément, vous pouvez réaliser des inspirations et des expirations profondes avec une remontée maximum du sternum au niveau des côtes. Toujours en fonction de vos possibilités, car souvent les ballonnements accompagnent la constipation. Cet exercice qui permet de musclez les abdominaux, peut de pratiquer avec facilité et régularité devant la glace au moment de se brosser les dents.
  • La cohérence cardiaque. Il faut réaliser 3 fois par jour, pendant 5 minutes des inspirations et expirations régulières de 5 secondes. Elle permet de re synchroniser une partie du système nerveux végétatif et des cycles hormonaux. Les résultats demandent de 2 à 3 semaines de pratiques pour être visibles.

D’autres mouvements pulmonaires sont réalisables, entres autres avec des techniques de sophrologie.

Là aussi, en plus d’être gratuit, les exercices respiratoires sont des moyens efficaces d’agir qui sont trop souvent sous-estimés et peu utilisés.

Régler la nervosité et le sommeil

Nous avons découvert plus haut que le phénomène est avant tout nerveux et qu’il faut rééduquer avec de l’habitude. En premier aller aux toilettes avec régularité, le bon timing est environ 15 minutes après le lever. C’est le créneau pendant lequel nous avons un relâchement naturel, de détente.

Ensuite les exercices respiratoires que nous venons d’aborder permettent de retrouver du calme.

Personnellement, concernant le sommeil, la pratique de la cohérence cardiaque me procure un endormissement facilité.

Bien évidemment, les plantes seront aussi d’une aide remarquable pour réguler nervosité, anxiété et sommeil. Avec les traditionnelles Valériane et Passiflore, nous pourrons ajouter l’Escholtzia californica, le Bigaradier… La liste est importante et les différents moyens d’absorption, gélules, infusions, huiles essentielles… nous offrent des combinaisons importantes. Il suffit simplement de trouver celle qui vous convient.

Les problématiques nerveuses, comme un péristaltisme lent ou désynchronisé peuvent se résoudre par des techniques utilisant le magnétisme ou le microcourant. Ses nouvelles méthodes sont encore peu utilisées. Il faut reconnaitre que la découverte de la circulation des champs électriques intra cellulaire est récente et n’a fait l’objet d’un prix Nobel qu’en 1991.

Equilibrer le microbiote

Qui dit perturbation intestinale implique forcément un microbiote troublé, nommé dysbiose.

Contrairement à de très nombreux thérapeutes, je ne conseille pas l’utilisation des probiotiques. En effet, leur efficacité est de plus en plus controversée.

Avant de vous dire pourquoi, il est intéressant de savoir que pour les fabricants de compléments alimentaires, les probiotiques sont leurs premières ventes. Un peu comme le paracétamol en pharmacie… Donc officiellement vous n’endenterez jamais de mauvais commentaires sur ces produits.

De plus, force est de constater que la prise de probiotiques ne fonctionne pas à tous les coups ; En effet, nous pouvons avoir :

–           Un manque de bonnes bactéries. Même si les probiotiques sont de plus en plus concentrés, la quantité reste négligeable. Il suffit de comparer le poids d’une gélule aux 2 kilos de microbiote que nous portons.

–           Apportons-nous les bonnes espèces ? Même si le séquençage de l’ADN a fait des progrès, il ne nous est pas possible aujourd’hui de dire avec certitude : les espèces qui vous manquent, sont X et Y, prenez ce complément il contient X et Y avec les quantités exactes dont vous avez besoin.

–           Des études prouvent que les personnes qui prennent des probiotiques mettent plus de temps à récupérer un microbiote sain, jusqu’à 6 mois de plus.

Pour ceux qui viennent me consulter, je leur conseille de n’utiliser les probiotiques que ponctuellement en cas de diarrhées, car il y a d’autres solutions pour « bien cultiver » notre microbiote. La principale piste est celle des prébiotiques, la nourriture de nos bactéries. Il est préférable et plus efficace d’apporter simplement les bons nutriments.

Il s’agit des fibres issues des végétaux comme l’ail, la chicorée, les oignons… et aussi dans les produits laitiers.

Ce qui nous ramène directement au début de cet article, car il faut bien remonter à la source des problèmes en premier. Par exemple, si vous une intolérance à la caséine, le lait est à éviter, et si un régime Fodmap est à suivre, l’ail et l’oignon peuvent poser des problèmes.

Les bactéries dans les intestins jouent un rôle important dans les phénomènes de constipation

L’Alimentation en cas de constipation

L’alimentation est un des principaux piliers sur lequel il faut s’appuyer pour sortir de ce type de problème.

La base reste le régime méditerranéen qu’il faudra adapter en fonction de chacun : retrait du gluten, des produits laitiers pour ne citer que les plus connus.

Il faudra veiller particulièrement à certains points comme l’apport des bonnes graisses en quantités suffisantes, traiter les carences en oligothérapie, le potassium augmentant la rétention d’eau dans les intestins…

La bile, un cas particulier

Nous avons vu qu’elle joue un rôle dans la composition des selles.

Il faut s’intéresser à sa production qui a lieu dans le foie et dans la vésicule biliaire.

Le foie est le principal acteur. Il fabrique en permanence de la bile. Elle sera, soit déversée dans le duodénum pendant les phases de repas, soit stockée dans la vésicule biliaire.

La vésicule biliaire est d’abord un organe de stockage ; Elle produit néanmoins différents constituants.

Quant à la bile en elle-même, elle est composée d’eau à plus de 90% mais également d’électrolytes, de sels biliaires au rôle de détergent, et d’autres éléments. Elle agit essentiellement sur la bonne digestion des lipides, donc du gras.

Avec des plantes, il est possible d’aider le foie et la vésicule. On parle alors d’une action cholérétique et/ou cholagogue qui facilite la fabrication ou l’évacuation de la bile, ou des actions de drainage et de détoxification.

La liste des plantes, encore une fois est importante : l’artichaud, le chardon marie, le radis noir, le boldo, l’aneth, les plantes amères…

Traiter les problèmes de fond liés à la constipation

Ils seront très variés sur tous les plans, car chaque personne est un cas particulier

  • La dysbiose. Elle provoque généralement un envahissement par des germes opportunistes. Le principe est simple, quand il y a une place vide, d’autres germes essayent de s’y installer pour proliférer. Le représentant le plus connu est le candida, avec sa pathologie la candidose.
  • Tous les troubles digestifs comme le reflux, les ballonnements… Toutes les étapes comptent pour obtenir un bon résultat final.
  • La fatigue générale. Notre état général joue évidement à tous les niveaux. Un boost avec des plantes adaptatives comme les ginsengs aideront forcément
  • Les problèmes hormonaux. Statistiquement les femmes ont plus souvent des problèmes de constipation que les hommes. Une grande diversité est observée avec des troubles qui peuvent commencer à la puberté, en début ou en fin de cycle, avec les grossesses… A chaque période je propose des solutions naturelles différentes.
  • Les réactions cutanées. On dit qu’elles sont le reflet de notre intérieur. Par ailleurs, l’origine de l’eczéma est bien connue : alimentaire et nerveuse
Un bébé heureux sur le pot qui n'a pas de problème de constipation

La constipation est donc un sujet dense qu’il ne faut pas négliger. Comme tous, plus nous tardons souvent à le prendre réellement en main, et plus il faudra de temps pour revenir à une situation acceptable.

Mais les solutions efficaces existent !

Amicalement,

Luc

Mes sources spécifiques à la constipation :